Laurette 1942 - Une volontaire au camp du Récébédou

Laurette 1942, en quelques mots :

Laurette 1942, est un film de mémoire, un film d'espoir aussi. Un film sur un moment douloureux de notre histoire: les Camps d’Internement du Sud de la France. Un film sur un cœur qui bat, celui d’une femme, Laurette Alexis-Monet, volontaire de la Cimade dans ces camps en 1942...

C'est l'été 42, la Zone Sud est alors appelée Zone Libre,... Ironie? Depuis la fin de la guerre civile espagnole en février 1939, autour des grandes villes, près des frontières avec l’Espagne, les camps d'internement, alors appelés camps de concentration se sont multipliés. Les noms de Rivesaltes, de Gurs, de Drancy, les Milles sont dans nos têtes. Mais les autres? Récébédou, Noé, Le Vernet, Brens, Gurs, tous ces lieux portant à nos portes…

Dés 1938, puis au début de la guerre en 39, les lois sur les indésirables rompent le pacte Républicain et permettent d'enfermer Républicains espagnols, juifs chassés d'Allemagne, de Hongrie, ou d'Autriche, et, fin 1939 les indésirables français,… Au Récébédou, près de Toulouse, à Brens, près de Gaillac, à Noé, plus au sud de l’agglomération toulousaine, ici comme ailleurs les rafles se sont multipliées au moment où débute cette terrible année 1942, l'année de Wansee, du Service du Travail Obligatoire, des rafles de l'été, du Vel d'Hiv, de la bataille de Stalingrad,.... et tant, et tant de barbaries, comme les exterminations de Sobibor.

Aout 1942, Laurette et ses équipières vivent cette nuit de rafle et d’épouvante où, cheminant côte à côte elles ont accompagné les internés encadrés par les gardes mobiles vers la Gare toute proche : ce seront trois convois à destination d'Auschwitz. Des scènes d'épouvante, avait dit le Cardinal Saliège dans son homélie lue dans toutes les paroisses.

Laurette n'est plus là. Je l’ai cherchée, ma lettre est arrivée trop tard. Reste son témoignage écrit, les Miradors de Vichy. Ce film porte une parole rare : celle d’une femme, celle d’une protestante. Le peuple protestant eut lui aussi ses persécutions, son Désert, les Dragonnades, les conversions forcées, les exécutions sommaires. En ce sens, le témoignage de Laurette est exceptionnel, femme et protestante, elle puisa dans ses écrits de l'époque et dans les lettres de Blanche la matière de ce récit terrible d'une jeune fille face à l'horreur et l'inhumain.

Des scènes de fiction font revivre la figure Laurette, des scènes documentaires nous permettent d’écouter deux femmes, deux témoins uniques qui disent ce qu’elles vécurent au Récébédou ou à Noé, à Brens ou Gurs : Edith, 84 ans, jeune juive de Hongrie, enfant cachée, Angèle, 92 ans résistante de la première heure, …. Et aussi d'autres femmes, Thérèse, Tzigane raflée, Maria, fille d’un Républicain espagnol exilé,…..

Enfin, inédites, retrouvées après une longue recherche aux USA, des images d’archives éloquentes tournées dans ces camps en 1941 par des opérateurs d’actualité américains, et découvertes à ma demande depuis peu en Californie dans les archives de UCLA.

Le film suit l'engagement de ces femmes restées à l'ombre de l'histoire, car si la question de l'action se posa à tous en 1942, ces femmes combattantes oubliées, ces humanitaires qui sauvèrent de nombreuses vies basculèrent souvent dans la Résistance civile et militaire.

Philippe Caubère, l’inoubliable Molière d’Ariane Mnouchkine, le Pagnol de la Gloire de mon père et du Château de ma Mère est le narrateur. Soutenue par Francis Azema (Pasteur Casalis), Corinne Mariotto (Madeleine Barot), Patrice Tepasso (Jacques), et l’inoubliable Maurice Sarrazin dans le rôle du Cardinal Saliège Anna Liabeuf, incarne une jeune Laurette de 19 ans dans la force de sa conviction protestante en 1942. Le rôle de Blanche de Montmollin, déléguée de la Croix Rouge est tenu par la comédienne suisse, Barbara Tobola, dans un jeu d’une émotion et d’une conviction sans égal.

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